biographie bob sinclair :Vous avez failli ne pas être Dj et devenir tennisman professionel...
Je fais du sport depuis tout petit: ski,foot... J'ai toujours été assez doué.
J'ai commencé le tennis à 14 ans. Mais j'étais trop faible psychologiquement pour faire du sport de haut niveau.
La musique, c'était une solution de repli?
Le déclic s'est produit lors de ma première sortie en club, à 17 ans. A l'époque le hip-hop explosait à Paris et quand j'ai vu le Dj palace mixer, ça ma scotché.
C'est devenu ma passion.J'ai acheté un sampler, un petit ordinateur,des vieux disques et j'ai commencé à faire des cassetes.J'adorais le hip-hop,l'acid jazz et le funk. Très vite, j'ai eu envie d'organiser des soirées.
Comment s'est passé votre premier mix dans un club?
C'était au queen, au début des années 90. J'avais appelé la soirée Funk you. J'ai dû perdre 15 litres d'eau! J'étais tellement passionné que je jouais les titres un par un et j'oubliais de regarder la piste! J'avais déjà la technique mais pas forcément la relation indispensable avec les gens. Il faut sans cesse sentir ce qui se passe.
Vous devez avoir une collection de vinyles impressionnante!
New wave,jazz,ragga et pas mal de hip-hop: ça tourne autour de 25 000! Dans un album complètement obscur, tu peux trouver deux secondes de musique fantastique. Je cherche à faire de la fusion musicale, comme dans Love generation: de la guitare sèche presque pop, la voix d'un Jamaican rencontré à New York totalement par hasard et c'est un tube!
Les DJ sont devenus des stars. La concurrence est-elle féroce?
Avec Guetta, Solveig ou les Daft Punk, ce n'est pas de la concurrence mais une forme d'émulation. On s'échange des trucs, il nous arrive même de travailler ensemble comme avec Solveig sur mon nouveau morceau For You.
Vous travaillez et voyager beaucoup. Comment préservez-vous votre vie de famille?
Mes deux enfants sont très importants pour moi et j'essaie de garder du temps pour eux. Mais c'est vrai que je mange, je dors,je rêve et je vis musique! Je crée des morceaux chez moi cinq jours sur sept et le week-end je les joue à travers le monde. Faut s'organiser!
Comment résister-vous aux tentations de la nuit?
Je me dois de représenter l'image saine que ma musique véhicule. Quand on joue, on ne peut pas en même temps prendre des substances ou boire de l'alcool.
D'ailleurs, je n'ai jamais touché à ça.
Vous devez être très courtisé...
Dès l'âge de 18 ans, j'ai pu constater que le Dj était l'icône de la soirée.Quand j'ai monté mon label, que j'ai commencé à passer à la télé, ça a exacerbé le désir des jeunes filles qui te montrent qu'elles te trouvent mignon... Mais un Dj doit, avant tout, être là pour les gens. Aujourd'hui, les gens viennent nous écouter comme si nous étions des stars. C'est important de véhiculer une image sexy, positive toujours en pleine forme. Il faut faire rêver les gens.
Vous n'avez jamais craqué?
Quand ton image est mise en avant, tu suscites forcément des envies.Mais mieux vaut faire envie que pitié...
En 2003, vous avez avoué: "J'ai du mal avec mon image". Pourtant vous la jouez plutôt sexy...
J'ai toujours été assez timide. Cet alter ego, Bob Sinclar, m'a permis de casser pas mal de barrières autour de mon image. Aujourd'hui, le Dj bénéficie d'une vraie reconnaissance dans le monde de la musique. ça désinhibe. L'image, c'est 50 % de la notoriété d'un artiste. J'aime le registre des photos sexy mais je fais toujours ça avec humour!
Avec la Star Ac' , vous vous êtes ouvert à un public plus vaste...
C'est la Star Ac' qui m'a contacté!
Love Generation cartonnnait déjà, c'est pour ça qu'ils ont choisi ce morceau.
Pourquoi refuser le succès? C'était un lancement marketing supplémentaire et une reconnaissance par un public plus populaire. Mon but, ce n'est pas de rester dans ma cave, mais de fédérer le plus de gens possible!